Fort de notre (petite) expérience 1997, l'équipe souhaitait à nouveau refaire un voyage à but humanitaire pour le camp 1998. Le seul hic fut qu'il fallut changer sa destination, les autorités biélorusses en décidant ainsi par leur refus catégorique. En catastrophe, nous nous sommes retournés vers la Roumanie où un membre de l'équipe avait des contacts pour aider une pédiatrie. Du côté des véhicules, une bonne vérification et le tour était joué, minimisant donc les frais. L'équipe de base changea un peu, Marco cédant sa place à Jean-Luc. La tension fut moindre; pas de problèmes de visas et budget plus petit et le voyage est prêt bien à temps.
Le 16 août 1998, toujours à 10h (malgré le 15 août !), les 2 véhicules jaunes se présentent sur le parking de l'institut Notre Dame. L'équipage et les familles sont plus à l'aise, le pays de destination étant plus sécurisant. Le curé nous bénit tout de même, ainsi que les 2CV (on ne sait jamais !). Pour l'aller, nous ferons un petit détour par le nord (Varsovie) pour remettre nos amitiés à l'ambassade belge, ce qui nous valut une mauvaise surprise à la frontière slovaque. Les douaniers nous ont bloqués plus de 2 heures (vers minuit) évoquant un papier manquant et espérant ainsi arrondir leur solde. Après la fouille minutieuse et une longue discussion entre Denis et le chef douanier, nous pûmes repartir allégé tout de même de quelques billets. Par contre, à la frontière roumaine, c'est à peine si on nous demanda d'ouvrir les coffres ! (on ne va pas s'en plaindre…) Dès la frontière passée, nous sommes sans cesse assaillis par des mendiants et il faut faire très attention car roulants les vitres ouvertes, au carrefour il n'est pas rare de voir se glisser une main tentant de piquer quelque chose! 150 Km + loin, nous entrons à Cluj-Napoca.
Nous sommes accueillis à la pédiatrie par la directrice. L'endroit ne paye pas de mine, c'est un bâtiment vétuste perdu dans un jardin à l'abandon. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises car à l'intérieur un autre spectacle apparaît à nos yeux. Nous découvrons des enfants de tous les âges, certains de 10 ans mais 6 ans d'apparence ou sous alimenter, d'autres traumatiser et j'en passe des pires…
Le lendemain nous retournons à la pédiatrie pour vider les coffres et recevoir plus d'information sur la vie de tous les jours. Les soignantes nous expliquent leurs besoins, leurs difficultés mais ce qui nous marquent le plus, ce sont les histoires, le passé des enfants. Certains sont retrouvés dans des porcheries, livrés à eux-mêmes ou laissés pour mort au milieu des animaux. Devant ces horreurs, nous ne savons que penser sur la race humaine dont nous faisons partie.
L'après-midi sera consacrée aux enfants auxquelles nous distribuons les caisses de jouets. Ce sont les ballons qui ont le plus de succès. Mais ce qui les intéressent le plus, c'est le contact, l'attention et l'affection. Ils nous remercient par de grands sourires qui nous réchauffent le cœur. L'heure des soins approchant, nous prenons congé de ces êtres si fragilisés. Nous repassons le jour suivant mais sans les voir car la directrice ne souhaite pas trop les perturber par notre présence.
Notre but atteint, nous pouvons reprendre la route du retour. Avant d'atteindre la frontière, la direction de la 2CV donne des signes de faiblesse. Il faut dire que les routes roumaines ne sont pas des meilleures. Une réparation sur le bord de la route s'impose, rapide car nous devons quitter le pays dans les 12 heures (visa oblige). La frontière hongroise passée, l'embrayage de l'Acadiane donne des signes de faiblesse. Il faut avouer que les véhicules ont été forts chargés 2 années consécutives (surtout l'Acadiane). Du coca et un pied léger nous permettront de rejoindre l'étape du soir où nous attendent des amis. Le remplacement du disque s'impose et se fait sur le bord de la route sous les yeux ébahis des autres conducteurs. Nous rentrerons tout de même à la date prévue, avec même 5 minutes d'avance sur le planing.